Sitôt arrivés à Irkoutsk, nous sommes directement repartis pour l'île Olkhon située plus ou moins au milieu du lac Baïkal (cf. cartes). Après un trajet d'env. 6 heures en bus, y compris une partie sur un ferry afin d'atteindre l'île, nous sommes arrivés dans le petit village de Khuzhir et avons pris une chambre chez Nikita (http://olkhon.info), auberge tenue par un ancien champion de ping-pong. Le dernier tronçon du trajet en bus fut très mouvementé en raison de l'absence de routes goudronnées tant avant que sur l'île.
Le lac Baïkal, surnommé la perle de la Sibérie, a la forme d'une banane, 636km du nord-sud et ~60 est-ouest. C'est le lac le plus profond du monde avec 1'637 mètres et il contient 1/5 de l'eau douce disponible à la surface du globe. Il abrite 1'200 espèces animales dont 80% sont uniques au monde. En hiver, le lac gèle et l'épaisseur de la glace dépasse le mètre durant les mois de février et mars. D'aucun dise que son eau est potable mais nous n'avons pas essayé.
Enfin de l'air frais! Très peu de voitures (mais néanmoins tout aussi polluante qu'ailleurs en Russie), peu de locaux et de touristes et surtout beaucoup de verdure, de forêts et évidemment d'eau. Un paradis après le long trajet du transsibérien et les villes polluées de Moscou et St-Petersburg. Une opportunité pour se nettoyer les poumons.
L'accueil chez Nikita fut très chaleureux et nous nous devons de peser ces mots, vu le contraste avec la froideur des citadins russes des grandes villes. Après un fort usage de l'anglais et de l'allemand, on a pu enfin reparler français pendant quelques jours. Nikita est actuellement sur le point de monter une école de français pour les jeunes de son île et ceux d'Irkoutsk. Pour les enseignants intéressés, Nikita et ses collaborateurs font déjà des échanges scolaires avec la Savoie et sont à la recherche d'autres correspondants francophones. Toutes les maisonnettes de l'auberge sont en bois avec de très belles gravures. Les toilettes et les douche sont dehors, ce qui n'est pas un problème l'été mais l'hiver... brrr. Le prix comprend les repas qui sont à la fois variés, copieux et très bons. Nous nous sommes enfin réconciliés avec la cuisine russe. Le thé local (dénommé sur place local tea) fut une autre belle découverte, composé uniquement d'un mélange de trois plantes locales et de couleur jaunâtre, il a une odeur de thuya et son goût est très doux. Pas besoin d'ajouter du sucre. Nous avons retrouvé son odeur lors de nos marches sur l'île. Vu que nous parlions français, nous avons eu l'honneur d'avoir une chambre dans une des nouvelles maisonnettes. Elle sentait bon le bois frais et ce fut un vrai plaisir d'y séjourner.
Sur place, nous avons fait la connaissance d'un nouveau couple de Suisse-allemands (parlant très mal le français... donc échange en allemand) et de deux polonais, parlant très bien le français. Nous avons aussi retrouvé deux jours plus tard le premier couple de Suisse-allemands (là aussi, échange possible uniquement en allemand). Tous très sympathiques.
Le côté ouest de l'île est très sablonneux et la terre n'est pas propice à l'agriculture ou à l'élevage. Il y a très peu d'herbes. Par contre, lorsque nous avons marché au centre de l'île, nous avons retrouvé la végétation et la forêt. La ballade, sous un soleil tapant mais accompagnée d'un vent frais bienvenu, nous a mené vers un petit lac chaud situé au centre de l'île (altitude: 800m). Yvan a pu s'y baigner en slip. Vania aussi sans costume de bain, n'a pas voulu y aller en string (Vania: "On n'était pas seul"). Petite précision, nous ne nous sommes pas baignés dans le lac Baïkal car sa température ne dépassait pas les 15°C.
La journée suivante, nous avons visité le nord de l'île - le fameux Cape Khoboy - via un tour organisé. Le trajet en bus fut très très très mouvementé (rarement vu cela) en raison de l'absence de route et de la précarité des suspensions du bus qui, de construction soviétique, avait quand même les 4 roues motrices. Notre chauffeur, véritable pilote du désert, s'est beaucoup amusé. Ce dernier nous a aussi concocté une très bonne soupe de poissons pour le repas de midi. Nous nous sommes servis avec parcimonie, ayant en mémoire les secousses du trajet aller que nous allions revivre au retour. Durant cette journée, nous avons pu prendre de magnifiques photos du nord de l'île et de ses falaises.
Le seule petite ombre à ce magnifique tableau fut la découverte de la déchetterie dans la forêt derrière le village. Des déchets de toutes sortes, des bouteilles en pet au moitié de voitures rouillées en passant par les piles usagées, sont accumulés sur une large surface. L'ombre du tableau est néanmoins vouée à disparaître. A l'auberge, nous avons lu une feuille d'information présentant la collaboration entre le village et une université allemande afin d'améliorer la gestion des déchets et nettoyer la décharge.
En résumé, nous avons été comblé par notre séjour sur l'île et l'avons immortalisé par de large rafales de photos. Nettement plus à l'aise dans l'herbe qu'entouré de béton, nous nous sommes jurés que la couleur primaire de notre voyage sera le vert et définitivement pas le gris.
S'agissant de la ville d'Irkoutsk, après trois jours d'ébats dans la nature, le retour à la civilisation fut difficile et nous n'avons pas pris le temps pour découvrir les beauté cachées (car non apparentes au premier regard) de cette cité.
Nous retenons du Lac Baïkal et de l'île Olkhon: