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Don Det: 14 - 15 novembre 2007 Le
passage de la frontière
Dans notre dernier texte sur Ban Lung, nous avions quitté cette ville
pour Stung Treng, dernière grande ville cambodgienne avant le Laos.
Le trajet en bus Ban Lung - Stung Treng fut mémorable. Tout d'abord,
nous avons eu deux places au fond du bus. La banquette arrière avait 5
places mais nous étions 8! Les trois "exceptions" étaient des enfants
qui étaient avec leur mère. Il faut savoir que les enfants ne paie pas
le billet de bus. Dit autrement, il est accepté que la mère et ses
enfants peuvent s'asseoir sur un seul siège. Vu que le bus était plein,
on a pas eu le choix et on a dû se serrer.
Le chauffeur de bus a aussi joué au pilote de rallye et oublié qu'il
était dans un bus délabré. La route étant un vrai gruyère (dit
autrement: "il y avait plus de trous que de terres"), nous avons fini le
voyage avec le dos explosé.
Pour finir, nous avons appris lors de la deuxième pause "pipi" que
nous étions les seuls à nous rendre à Stung Treng. Tous les autres
passagers allaient au sud. Le chauffeur a donc jugé que cela ne valait
pas la peine de faire un petit tour par le nord pour nous déposer et a
décidé de nous laisser au croisement. Nous n'étions toutefois pas lâché
comme des sauvages car il a organisé deux scooters pour nous amener à
l'endroit désiré. Bien entendu, le trajet en deux roues étaient compris
dans le prix du billet de bus.
On est donc parti avec nos énormes sacs sur les scooters pour
effectuer les derniers 15 kilomètres. Arrivé à Stung Treng devant un
resto-hôtel à touristes, les chauffeurs ont demandé a être payé. Le
chauffeur du bus avait menti en disant qu'il avait payé les scooters.
Heureusement pour nous, la responsable du resto-hôtel est venue à notre
rencontre et on a pu lui expliquer la situation. Elle a ensuite
longuement discuté avec les deux types et leur a fait comprendre qu'ils
n'auraient pas d'argent de notre part et qu'ils devaient régler cette
problématique avec l'agence de bus.
On a ensuite mangé chez notre "aide" avant d'acheter deux billets
comprenant le passage de la frontière ainsi que le trajet en bateau pour
se rendre à Don Det.
Après la traversée du Mékong en petit bateau, nous avons pris un
minibus jusqu'à la douane cambodgienne. En gros, il s'agit d'une cabane
en bois avec une petit barrière au milieu d'une forêt. Nous avons du
montrer nos passeports pour obtenir le tampon sortie. Pour la première
de notre voyage, le douanier nous a demandé USD 2 / personne pour "frais
administratifs". Ceux-ci étaient bien entendu "virtuels" et on savait
qu'ils finiraient dans la "caisse commune" des douaniers. Vania, proche
de ses petits sous, a demandé pourquoi on devait payer ces frais.
N'ayant obtenu aucune réponse, nous avons finalement donné USD 1 /
personne et sommes partis avec nos passeports. Les autres touristes ont
remercié Vania car ils étaient prêt à payer le "plein-tarif" sans
discuter.
Quelques minutes plus tard, ce fut la même histoire à la douane du
Laos. Toutefois, le personnel était moins gourmant et demandait
(seulement) USD 1 / personne. Nous avons payé sans trop discuter. De
toute façon, nous n'avions pas trop le choix. Comme pour le Cambodge, la
douane était perdue dans la forêt et ils pouvaient sans autres nous
interdire l'entrée sans trop se fatiguer.
Après la frontière, nous avons roulé une heure avant de prendre une
barque pour traverser le Mékong et nous rendre dans le village-île nommé
Don Det.
Don Det
Un dicton laotien dit: "plus vous allez au sud, plus vous serez relax
jusqu'au point au vous ne sentirez plus votre pression sanguine". Don
Det étant l'un des villlages le plus au sud du Laos, nous avons pu
vérifier et attester la véracité du dicton.
Don Det est située dans la région dite "des 4 milles îles" (on est
pas resté assez longtemps pour le vérifier). Celles qui sont de grandes
tailles sont habitées par des communautés qui tendent vivre en autarcie.
La grande exception étant le tourisme. Une des particularités de Don Det,
qui attestent le côté relax de la région, est qu'il n'y a pas de réseau
électrique. Le courant est fourni par des génératrices qui fonctionnent
seulement quelques heures par jour, généralement de 18H00 à 22h00. L'île
va néanmoins perde son caractère anachronique car le réseau électrique
sera terminé d'ici la fin de l'année, ce qui risque de changer
drastiquement le mode de vie des locaux (il vont certainement rattraper
les autres Laotiens en terme d'heures passées devant la télévision,
dommage).
On a pris le premier hôtel rencontré à peine sorti de la barque. La
priorité du jour pour Vania était de trouver une chambre avec toilettes
car elle avait toujours ses problèmes intestinaux. Nous déduirons plus
tard que cela pouvait être la présence de gardia intestinalis (un
parasite) dans l'intestin grêle. Les symptômes se sont calmés après
trois jours sans médicaments. On attend une hypothétique prochaine crise
pour agir et obtenir un traitement approprié.
Arrivé en fin d'après-midi, nous avons eu peu de temps pour commencer
à visiter l'île avant la tombée de la nuit, surtout que Vania était
scotchée sur le trône des toilettes. On aura pas contre la surprise et
le plaisir de revoir notre Américain Scott que nous avions rencontré à
Kratie et à Ban Lung. Le monde des backpackers est petit et les
itinéraires sont souvent les mêmes. Le fait que pratiquement tout le
monde voyage avec les guides Lonely Planet y est certainement aussi pour
beaucoup.
Le soir, nous avons mangé dans un restaurant du village avec Scott,
un Hollandais, deux Anglais (en voyage de noces), une Allemande et un
Australien. Yvan s'est fait plaisir en mangeant la spécialité locale: du
poisson frais haché mélangé avec des légumes, le tout enrobé dans une
feuille de bananier et cuit à la vapeur. Un régal. Vania, malade, a
mangé une assiette de riz et deux bananes.
Le lendemain, nous avons profité de la matinée pour visiter l'île. On
a ainsi pu découvrir la seule boulangerie de l'île, tenue par un jeune
Australien depuis 3 ans. Ce dernier avait quitté son pays natal pour
s'établir indéfiniment au Laos. Quel plaisir de manger du pain, blanc
peut-être, mais bon. Autre découverte, le thé à la menthe, soit un verre
d'eau chaude et quelques poignées de feuilles de menthes fraichement
cueillies.
Peu avant midi, nous avons repris un bateau pour traverser le Mékong
et prendre un bus pour la ville de Pakse.
Nous retenons de Don Det:
- le superbe coucher de soleil sur le Mékong
- le poisson cuit dans une feuille de bananier
- un endroit sans électricité (excepté celle venant des
génératrices)
- le calme du lieu (et surtout l'activité toute relative des
habitants... ZZzz)
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