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Mumbai: 29 décembre 2007 - 2 janvier 2008
Le wagon de luxe à l'indienne...
Nous avons quitté la ville d'Ahmedabad en train à 14 heures pour nous
rendre à Bombay (récemment renommée Mumbai rompre avec l'héritage
colonial anglais). On s'est fait une fleur en prenant le billet le plus
cher, soit une place assise en wagon 1ère classe avec air conditionné
pour CHF 70.- tout compris. C'est relativement cher pour le niveau de
vie indien et le rapport qualité/prix n'était pas au rendez-vous. Le
wagon était extrêmement vieux. A par le tissu des sièges, le métal
prédominait. Il n'y avait aucune décoration ou garniture plastique
comme on aurait pu s'y attendre dans un wagon dit de "classe supérieur".
Le seul élément de modernité fut les télévisions à écran plat, une pour
chaque deux sièges, qui diffusaient des soaps opéras indiens et de la
publicité tout au long du trajet.
Durant le trajet, nous avons aussi eu droit à deux repas. Le gouter
de 16h00 comprenait du thé et du café ainsi qu'un beignet sur-frit et
autres oléagineux (cacahuètes, noix de cajou,...). Le souper fut
typiquement indien avec du riz, des lentilles, des légumes trempant dans
un curry huileux et des galettes de pain.
On s'est senti en sécurité tout au long du trajet car l'entrée du
wagon était gardée par deux indiens armés de carabine. C'était les
garde-du-corps d'un VIP assis devant nous avec sa famille.
On est arrivé à 22 heures dans la gare centrale de Mumbai d'où l'on a
pris un taxi pour rejoindre le quartier de Colaba où est concentré la
majorité des hôtels et restaurants pour touristes.
La ville
Mumbai, la plus grande ville-port d'Inde, est la capitale de l'Etat
du Maharashtra. Anciennement nommée Bombay, elle a changé de nom
récemment afin de s'éloigner un peu plus de l'héritage colonial anglais.
Ce n'est d'ailleurs pas la seule ville qui a été renommée. Quelques exemples: Bangalore -> Bengaluru; Madras -> Chenmai; Calcutta
-> Varanasi; ...
Selon un recensement fait en 2001, Mumbai comptait environ 12
millions d'habitants mais d'autres estimations plus récentes portent le
nombre total d'habitants à plus de 20 millions (périphérie incluse).
Mumbai a beau être une énorme cité, elle n'en reste pas moins
agréable à visiter comparé aux précédentes villes indiennes. Les
rickshaws et les vaches sont interdits au centre-ville. Il y ainsi moins
de pollution atmosphérique et sonore. De plus, il y a aussi plus d'odeur
de bouse de vache. Finalement, les chauffeurs de taxis sont plus calmes
et ont certainement plus de peine à nous héler à travers leur vitre.
De plus, Mumbai est l'une des villes où l'héritage colonial anglais
est le plus présent. Il y a de grandes artères qui sont pavées,
l'université (1857), le musée de Mumbai (1905) ainsi que d'autres
bâtiments comme la cour de justice sont né d'une fusion architecturale
entre le style gothique britannique et le style hindou du sud. La gare
Victoria est d'ailleurs inscrite au patrimoine de l'Unesco depuis 2004 pour la
richesse de son architecture. Sa construction a été achevée en 1887, 34
ans après le départ du premier train indien depuis Mumbai. Il y a aussi la Porte de l'Inde ("The Gate
of India") qui fut construite en 1911 pour célébrer la venue du Roi
d'Angleterre George V.
On a visité la plupart de ces monuments durant nos trois jours passés
sur place. La National Gallery of Modern Art sera d'ailleurs le premier
et le dernier musée à vocation artistique visité durant notre séjour
indien.
Mumbai est aussi la capitale et le centre de production du cinéma
indien, les fameux films "Bollywood". Faut-il rappeler que l'industrie
cinématographique indienne produit plus de films qu'Hollywood... reste
juste un petit "hic" au niveau de la qualité. La production de masse
n'enfante pas beaucoup de chefs-d'œuvre. On profitera donc de notre
séjour pour aller au cinéma et voir le nouveau dessin animé appelé
"Hanuman". Il s'agissait d'une histoire du Dieu Singe (l'un des millions
de dieux indiens) qui avait décidé de se réincarner en petit enfant pour
porter secours à d'autres petits enfants persécutés par des "grands
petits" enfants. Le film avait un fort goût de curry masala (en français
"mixte), soit un mélange sans fin d'épices avec pour résultat un
patchwork de style, d'images, de morales, de symboles, etc... Il y a
même eu des images flash avec Oussama Ben Laden et George Bush ainsi que
les tours du World Trade Center qui étaient sauvée par le Dieu Singe qui
faisait plier les tours au moment où les avions voulaient les percuter.
On a aussi pu voir Gandhi et d'autres personnages connus d'Inde que nous
ne connaissions pas. Bref, la morale de l'histoire pour le petit indien
qui voit ce dessin animé, c'est: "Mange beaucoup pour être fort (et
gros) afin de pouvoir taper les grands enfants". Le tout était aussi
légèrement machiste car les petites filles n'existaient pas. Il n'y
avait que des petits garçons et leur maman (et pas de père). Ce fut donc
une expérience intéressante mais on ne franchira pas le pas
supplémentaire qui est de le recommander.
On va éviter de trop l'ébruiter mais on a aussi profité des marchands
ambulants pour acheter quelques logiciels informatiques et DVD piratés.
Le prix était très bas et c'est tant mieux car nous les avons pas encore
testés... On a aussi acheter un sari pour Vania. Ce fut un belle
aventure. On pensait découvrir le monde des femmes et de leur sari mais
on s'est quand même retrouvés dans un magasin de confection de saris où
les vendeurs-conseillers étaient tous des hommes. Après la prise des
mensurations, le sari a été taillé sur mesure 24 heures plus tard. Vania
n'a pas encore compris comment le mettre mais on a reçu un mode d'emploi
et elle va y travailler lorsque nous serons de retour en Suisse.
Une autre expérience fut celle de l'envoi d'un colis postal. Dans les
pays précédents, vous arrivez avec votre marchandise, faite faire un
carton et envoyez le tout. En Inde, vous arrivez avec vos objets, vous
discutez du prix avec un employé de la poste et ensuite, vous ressortez
de la poste pour faire emballer vos affaires. Eh oui, la poste centrale
de Mumbai, petite agglomération de 22 millions d'habitants, ne vend pas
de carton. Il faut aller dans la rue et négocier avec un wallah pour
faire emballer son colis. On a d'ailleurs du payer un supplément pour
avoir un carton et pas seulement un sac de riz. On a pu admirer la
confection de l'emballage car le wallah a littéralement cousu un sac de
riz autour du carton et l'a scellé avec de la cire. L'adresse est écrite
sur le tissu car il n'y a évidemment pas d'autocollants. Après tout
cela, on espère que le colis atteindra la Suisse.
Un nouvel-an mémorable
On est désolé pour les indiens mais dégoûté par la nourriture
indienne (surtout Vania qui se tapait toujours les mêmes légumes huileux
au curry), nous avons décidé de renouer avec notre style de cuisine
préféré. On a donc sans hésiter réservé une table dans un restaurant
chinois tenu par des chinois (on voulait éviter une pâle copie
indienne).
Le repas fut excellent et très copieux. Cela nous a changé de Noël où
pendant que nos familles festoyaient, Vania vomissait sa salade de
fruits... indienne. On a donc adoré le repas et on tient aussi à
préciser qu'il a été normalement digéré.
Comme nous avions mangé assez tôt et que nous n'étions pas très chaud
pour tester les "after" à la mode indienne ("sauce huileuse" serait le
terme plus approprié), nous avons regagné notre chambre et visionné un
film pour "faire durer la soirée". Ce fut un succès car le film a duré
assez longtemps pour nous tenir éveillé jusqu'à 24h00. On a néanmoins
pas compris grand chose au film car nous avons dû subir un concerto de
tambour joué par des Indiens qui s'étaient judicieusement placés juste
sous notre fenêtre. Les tambours ont bien entendu continué longtemps
après minuit.
En gros, ce ne fut pas le plus mémorable des Nouvel-An mais comme les
précédents, c'est rarement le 31 décembre que l'on a le plus de plaisir.
Un futur incertain
Durant notre séjour "Mumbayien", nous avons suivi avec un grand
intérêt les élections au Kenya. Il s'agissait pour nous de savoir qui
allait être le prochain Président et nous permettait ainsi de faire
connaissance avec le pays. Si tout s'était bien déroulé le jour de
l'élection, ce ne fut plus du tout le cas lors de la publication des
premiers résultats. Le candidat de l'opposition donné gagnant par les
derniers sondage s'est retrouvé de manière expliquée en 2e position
après le président sortant. L'opposition a immédiatement déclaré que
l'élection avait été truquée et les organisations étrangères ont soutenu
cette version.
Le résultat: 30 morts le 31 décembre qui ont grossi pour donner un
total de ~600 morts après une semaine d'émeutes.
Le hic: notre vol en partance de Mumbai (acheté longtemps auparavant)
était justement prévu pour la capitale du Kenya, Nairobi. N'ayant aucune
assurance annulation et le site internet d'Air India était complètement
muet sur une éventuelle annulation du vol, nous avons été pris de forts
doutes. On ne voulait découvrir la nouvelle saison des machettes au
Kenya. Finalement, on s'est quand même décidé à prendre notre vol dans
l'espoir de rester à l'aéroport et trouver un vol suivant pour la
Tanzanie.
La chance: notre vol avec Air India faisait une courte escale à
Nairobi avant de poursuivre pour Dar es Salam (Tanzanie). On a donc
simplement prolongé notre vol jusqu'à Dar es Salam.
Le conclusion: notre séjour prévu au Kenya s'est limité à une heure
passé sur le tarmac de leur aéroport. Vive la Tanzanie... et
l'adaptation.
Nous retenons du Mumbai:
- les beaux restes de l'architecture coloniale britannique
- l'absence de rickshaws et de vaches au centre ville = moins de
pollution, d'odeurs et d'excréments
- le resto chinois du 31 décembre
- et malheureusement les tamtams sous notre fenêtre
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