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Jaisalmer: 17 - 21 décembre 2007 En
attendant le Safari...
Nous avons pris un train couchette depuis Jodhpur pour atteindre
Jaisalmer. Le train est parti à 23h30 comme prévu. On s'est retrouvé
dans un compartiment de seconde classe avec pratiquement que des
militaires indiens qui se rendait à la frontière avec le Pakistan. On
vous épargne le bruit, les odeurs et le froid durant le trajet. Nous
étions très mal placés car nous avions deux couchettes situées le long
du couloir. Heureusement, il restait d'autres couchettes plus
confortable après le départ du train et nous avons donc pu changer
d'endroit. On s'est ainsi retrouvé avec deux jeunes Français qui
voyageaient pendant deux mois en Inde.
Après une courte nuit, nous sommes arrivés à 06h30 du matin à
Jaisalmer avec une heure trente de retard. En sortant de la gare, nous
avons été assailli (avec une intensité jamais rencontrée auparavant) par
des racoleurs nous ventant des dizaines d'hôtels. Ce fut un exploit de
les traverser et nous avons fini avec les deux Français dans un taxi qui
nous a amené dans le fort de Jaisalmer. Là, nous avons pu admirer le
lever du soleil avant de partir chercher un hôtel. Nous avons
volontairement évité les hôtels situés à l'intérieur du fort car la
surexploitation de l'eau endommage gravement le fort qui fait partie des
patrimoines historiques les plus menacés au monde (cf.
www.jaisalmer-in-jeopardy.org). On n'a pas tout compris mais on va se
renseigner.
Nous avons donc trouvé un hôtel avec piscine hors du fort. Celle-ci
est plutôt décorative car l'eau glaciale n'est pas très ... attractive.
Après le déjeuner, nous avons parcouru le fort qui est l'édifice
touristique de Jaisalmer. L'après-midi, nous avons rattrapé quelques
heures de sommeil en faisant une petite sieste. D'autant plus qu'Yvan
était tombé malade. Le soir, nous avons réservé un safari auprès de
notre hôtel. Nous avons payé 12'000 roupies (une belle somme pour
l'Inde) pour une excursion de trois jours dans le désert avec tout tout
et encore tout, selon notre hôtelier.
Le Safari...
Selon l'hôtel, un couple de Français allait se joindre à nous pendant
ces 3 jours. Nous avons appris au moment du départ que la femme avait eu
une intoxication alimentaire et qu'ils allaient donc partir plus tard et
nous rejoindrait le soir. On ne les verra jamais (et on ne saura non
plus jamais pourquoi... Incredible India).
On est parti en jeep. Sur la route, nous avons fait trois arrêts pour
visiter un cimetière, un village tribal et un temple. Bof... nous avons
écourté les haltes car il n'y avait pas grand chose à voir mais il
fallait néanmoins se taper les enfants qui mendiaient à chaque halte. On
est donc rapidement arrivé vers un carrefour où nous avons fait la
connaissance de trois dromadaires et... de notre guide qui nous
accompagnera durant les trois jours. Nous sommes montés sur notre
dromadaire attitré et sommes partis.
Les sensations sur un dromadaire:
avant-arrière-avant-arrière-avant-arrière-avant-arrière-avant-arrière,
bref, on a l'impression d'être sur un pendule d'une horloge. Un conseil:
ne pas trop manger avant. Autre conseil: prévoir des sous-vêtements
super doux car l'entrejambe est rouge après une journée... on ne vous
raconte pas l'état après trois jours.
A midi, nous nous sommes arrêtés au milieu du désert. Notre guide a
dessellé les dromadaires avant de commencer à préparer le repas. Ce sera
toujours le même rituel durant les prochains repas.
D'abord, il faisait un feu et cuit de l'eau pour préparer le Chai qui
est un mélange de thé noir avec du lait en poudre (en l'absence de
"vaches des sables"), du gingembre et des épices. Ensuite, nous avions
droit à un fruit chacun (banane le premier jour puis oranges). Puis,
notre guide coupait les légumes qu'il faisait cuire avec du curry, du
chili, du sel et de l'eau. Pendant la cuisson, il préparait les futurs
chapatis (galettes de pain) en mélangeant de la farine mi-blanche avec
de l'eau et du sel. Il pétrissait pendant de longues minutes la pâte
avant de former des galettes fines qu'il faisait cuire sur une plaque
métallique posée sur le feu. Nous mangions ensuite le tout sans service
en posant bouts de légumes dans les galettes de pain. Pas facile au
début mais on s'habitue. S'agissant du goût, c'était très bon. Notre
guide ne mangeait jamais en même temps que nous et attendait que nous
ayons fini pour manger les reste. On avait donc une certaine "pression"
pour ne pas se goinfrer et lui laisser quelques morceaux.
Nous avons ensuite repris nos dromadaires jusqu'au camp pour la nuit.
Il s'agissait de plusieurs huttes montées près d'une route (eh oui, nous
avions rejoint la civilisation en fin de journée). On découvrira par la
suite que l'endroit était inondé par ce type de camp. en gros, chaque
compagnie de safari a son propre camp. Au programme de la soirée: repas
froid, danse et spectacle folkloriques assis autour d'un feu. L'ambiance
n'était pas d'enfer car il n'y avait pratiquement pas d'autres
touristes. Juste une famille et un Indien du sud qui voyageait seul car
son pote lui avait posé un lapin au début du voyage. Il était ingénieur
à Bangalore et nous avons eu beaucoup de plaisir à parler avec lui tout
au long de la soirée. La nuit, nous avons été dormir dans notre
magnifique tente du désert qui comprenait un lit double et des
toilettes. Vives sensations d'être les Maharadjas des temps modernes...
Le lendemain, nous sommes repartis avec nos dromadaires toujours
aussi "cahotants" pour découvrir les fameuses dunes de sables, tellement
vantée par notre guide alors que nous, on s'en "tapait" un peu. On avait
pris le safari pour quitter la civilisation (si le terme peut
s'appliquer au chaos indien) et avoir du calme... On attendait rien
d'autres et on sera ainsi pas du tout déçu.
Les dunes de sable étaient effectivement magnifiques ainsi que tout
les autres paysages traversés durant les trois jours (cf. photos).
En fin de journée, nous avons trouvé un endroit plus ou moins à
l'abri du vent pour posé notre campement. Au programme, dodo sur deux
couvertures posées sur le sable. On "alongera" la soirée en faisant un
grand feu et en discutant avec notre guide. Nous avons ainsi appris
qu'il avait 4 enfants, était issue d'une tribu musulmane, que ses
dromadaires appartenaient à ses parents et qu'il était très mal payé par
la compagnie de safari. Il nous a d'ailleurs harcelé à ce sujet dès le
premier jour en nous montrant des lettres écrites par d'autres touristes
qui indiquaient qu'ils avaient donné de larges commissions pour
permettre à notre guide nommé Bilal de pouvoir acheté ses propres
dromadaires. On n'a pas complètement avalé toute son histoire et on
était pas très content qu'il nous mette une pression de type: "donnez
moi une bonne commission car je suis très pauvre et je ne peux pas m'en
sortir sans vous".
A notre grand étonnement, nous avons plutôt bien dormi à la belle
étoile dans le désert. Il n'empêche que nos sacs de couchage y sont
certainement pour beaucoup. Notre troisième journée a débuté avec un
magnifique lever de soleil qui a été suivi la traversée de nouvelles
dunes de sable. Bref... une journée à nouveau splendide. On a aussi
remarqué que l'on s'était enfin habitué au balancement de notre
dromadaire et que cela devenait même agréable.
Durant le dernier repas, nous avons remarqué que notre cher Bilal
s'était constitué un joli stock de légumes et fruits à notre dépend. En
bref, il nous avait gavé de chapatis durant les trois jours, ce qui lui
avait permis de moins servir de fruits et de légumes. Voulant confirmé
nos doutes, Yvan a demandé pour avoir une tomate en plus durant le repas
(il nous avait servi une seule petite tomates avec quelques
pommes-de-terre). Le guide a répondu qu'il n'y en avait plus. On
prouvera la supercherie lorsque Bilal sera occupé à seller les
dromadaires car Yvan en profitera pour fouiller les sacs et découvrira
un stock de légumes et de fruits dont des tomates... C'est là qu'on
s'est rappelé des promesses de notre hôtel du style: vous aurez du
whisky, du porridge le matin, beaucoup de fruits et de légumes... nous
n'aurons rien de tout cela. Et goutte supplémentaire, notre guide a à
nouveau mis la pression pour avoir une bonne commission.
Les dromadaires sellés, nous sommes repartis en début d'après-midi
pour la destination finale, un village abandonné où une jeep de notre
hôtel vint nous chercher. On a finalement donné une petite commission à
notre guide. On le regrette amèrement aujourd'hui. Cela d'autant plus
lorsque nous sommes rentrés à l'hôtel et que nous avons émis quelques
plaintes concernant le safari. C'est là que l'on a appris que notre
guide n'avait pas quatre enfants mais six et qu'il était payé 17 fois
plus que ce qu'il nous avait dit. Une fois de plus, on ne sait pas qui
croire. Incredible India...
Bref, la morale de l'histoire est qu'il faut passer outre les petits
problèmes d'arnaques (pratiquement impossible de ne pas en être victime
au moins une fois) et savoir profiter des magnifiques paysages traversés
et de l'expérience d'avoir passés trois jours à dos de dromadaire dans
un désert. On y a fait de magnifiques photos et cela restera
certainement l'un de nos plus beaux souvenirs de ce séjour en Inde.
... et Jaisalmer
Le lendemain, nous avons profité du fait que notre train partait en
fin d'après-midi pour visiter Jaisalmer. On a donc re-parcouru les rues
à l'intérieur du fort puis visité la plus belle "haveli" de la ville.
Une Haveli est une grande demeure indienne qui appartient ou a appartenu
à une famille fortunée. L'haveli Patwa-ki que nous avons découvert a été
construite entre 1800 et 1860 (la précision historique est très
relative...) par 5 frères qui étaient marchands de broderies et de
bijoux. La demeure est très vaste et richement décorée. Les murs sont
magnifiquement gravés et l'exposition intérieur permet de se faire une
assez bonne idée de la vie de la bourgeoisie du 19-20e siècles. On a eu
beaucoup de plaisir.
A 15 heures, nous nous sommes rendus à la gare pour prendre notre
train jusqu'à Jodhpur. Là, on a pris une chambre dans le même hôtel que
lors de notre premier séjour (en fait, il n'y avait plus de chambre donc
on a eu droit au dortoir exclusivement pour nous) avant de prendre un
bus, le jour suivant, pour Udaipur.
Nous retenons de Jaisalmer:
- le majestueux fort dominant la ville
- les trois jours en dromadaires et le mal aux f.... qui suivit
- les magnifiques paysages traversés durant notre safari
- la visite de l'Haveli Patwa-ki
- nouvelle déception avec certains Indiens qui renforce la devise:
"ne Jamais faire confiance aux Indiens"
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