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Likeng: 11 - 13 septembre 2007 Au terme
d'un voyage en bus d'environ trois heures, on est arrivé dans la ville
de Wuyuan, au premier abord, une grosse ville de plus. C'est
traditionnel et on commence à en avoir marre, le bus ne s'est pas arrêté
dans le terminal mais au milieu d'une rue. A chaque fois, le même
problème: déterminer où l'on est. Ce qui n'est jamais facile sans carte
détaillée. Bref, pour simplifier, on a pris un taxi pour le village de
Likeng et éviter ainsi une longue recherche pour trouver un bus.
Arrivé à Likeng, on a d'abord du payer une entrée pour accéder à ce
village qui est protégé. D'après le guide, il y avais multitude
d'auberge pouvant nous héberger. Quand on s'imagine la simplicité, on
récole la difficulté. En clair, aucune enseigne des petits bâtiments
n'était traduites et personne ne parlait anglais. De plus, excepté un
racoleur qui a essayé de nous convaincre de dormir dans son hôtel
délabré et très sale, personne d'autre nous a abordé. On a finalement
récolté la simplicité en cherchant le premier hôtel figurant sur notre
guide Lonely Planet dont le nom était aussi écrit en chinois.
Likeng, c'est un magnifique village traditionnel chinois. La majorité
des bâtiments sont très bien conservés. Deux petites rivières coulent le
long des deux rues principales et se rejoignent au milieu du village
pour en former plus qu'une. Pour passer d'un côté à l'autre d'une rue,
il y a une plusieurs petits ponts en bois ou en pierres. Likeng est
entouré de champs de céréales, principalement de rizières, et est
entouré de collines verdoyantes. La synthèse donne un cadre magnifique
et apaisant où l'on pourrait y rester longtemps. Ce qui nous a motivé à
rester deux nuits alors qu'une seul journée suffit pour visiter
l'ensemble.
Yvan a profité du cadre naturel pour aller courir deux matins dans
les rizières. On a d'ailleurs aussi marché dans les champs un après-midi
et atteint le fond d'une des vallées entourant le village. Sur le
parcourt, on a rencontré notre premier serpent de couleur noir du
voyage. On ne sait pas "sa marque" car il a fui rapidement dans l'eau
d'une rizière au grand bonheur de Vania qui était en short.
Likeng, c'est autant un plaisir des yeux qu'un délice gustatif. On a
rarement aussi bien mangé durant notre voyage et pour quelques francs.
Tofu braisé au soya, œuf brouillé et tomates en sauce, légume bok choy
et champignons, poulets et brindilles de bambou, ... Un Israélien nous a
d'ailleurs beaucoup aidé dans la sélection des plats. Parlant et
écrivant le chinois, il nous a préparé une petite fiche en chinois avec
quelques idées de plats que nous utilisons régulièrement depuis.
Nous avons dormi dans un vieux bâtiment traditionnel qui avait une
très belle terrasse donnant sur une rue du village et un petit temple
situé à l'opposé. De plus, on pouvait monter sur le toit et avoir une
vue sur l'ensemble du village. Seul petit bémol, la propreté qui n'est
pas le fort des Chinois de cette région. La tenancière était très sympa
et faisait beaucoup d'effort pour tenter de communiquer avec nous (elle
en chinois, nous en anglais-français), elle passait une grande partie de
sa journée devant la télévision. Le premier jour, ce fut le bonheur de
l'eau chaude jaillissante puis ce fut la pénurie le dernier jour, un
petit filet d'eau froide.
Un soir, nous avons soupé avec un Canadien océanographe. Après un
colloque scientifique d'une semaine à Shanghai, il a profité du billet
d'avion et pris une semaine de vacances pour visiter la campagne
chinoise. Après nous avoir abordé de manière jovial mais gauche, nous
avons vite sympathisé et accepté d'aller souper avec lui pour lui tenir
compagnie. Ce fut une nouvelle rencontre éclair car nous ne l'avons pas
revu le lendemain et ne savons toujours pas son prénom.
Les habitants du village étaient soit chaleureux et souriant, soit
indifférent à notre vue. Nous avons été agréablement surpris par
l'absence des regards fixes que nous devons supporter depuis notre
arrivée en Chine. Ici comme ailleurs, il y a toujours la tradition du
crachat qui est omniprésent. Pour ceux qui ne connaissent pas la Chine,
un conseil: lorsque vous entendez un RRRRRRRG, c'est le bruit du
chargement (raclement de gorge) et vous avez que quelques secondes pour
déterminer la direction du projectile (le crachat). La répétition du
rituel n'y fait rien, on ne s'y habitue pas. Et que les hommes se
rassurent, les femmes sont tout autant portées sur le crachat. On en
profite pour parler d'un autre petit désagrément, le bruit. Un chinois
qui parle, c'est la nostalgie toute relative du paternel hurlant dans
nos contrées suisses. La communication douce est un concept inconnu ici.
L'expérience des files d'attente est quelques peu déconcertante pour un
"bon Suisse". Lorsque vous êtes devant le guichet, si vous n'êtes pas
rapide ou n'avez pas assez élevé la voix contre vos voisins de côté (la
file a plusieurs colonnes), vous verrez passer plusieurs mains devant
vous et autant de billets de train ou de bus. A la longue, on le
regrette mais on a des réactions plus directs et on n'hésite pas à
pousser les chinois ou hausser le ton.
Nous retenons de la ville de Likeng:
- L'oxygène
- Enfin un joli village et non un semble de bâtiments en ruine
- Le décor verdoyant
- Les repas délicieux
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