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Phnom Penh: 29 octobre - 01 novembre 2007
Le Cambodge en quelques lignes
Pour commencer, on s'est dit que quelques informations générales
concernant le Cambodge seraient utiles. Hormis quelques apparitions dans
la presse portant sur les actions judiciaires relatives au génocide
perpétré par les Khmers Rouges, le pays est rarement à la une de
l'actualité mondiale. Heureusement d'ailleurs car les pays ou régions
"vedettes" sont rarement ceux qui se portent bien... Birmanie, Darfour,
...
L'âge d'or du Cambodge dura du 9e au 15e siècles apr. J.-C. Durant
cette période, la capitale de l'état Khmer, nom de l'ethnie dominante du
Cambodge qui ne doit pas être confondue avec le mouvement des Khmers
Rouges, était Angkor. Cette cité abrite aujourd'hui l'un des plus grands
ensembles architecturaux du monde (voir nos photos sur notre visite
d'Angkor).
Après la gloire vint les longs siècles de défaites militaires, pertes
de territoire et finalement la colonisation par les Français.
Le pays accéda à l'indépendance en 1953. Officiellement neutre, le
pays ne sera pas épargné par la guerre du Vietnam. Les Viêt-Cong fera
passer leurs pistes de ravitaillement (les fameuses pistes "Ho Chi
Minh") par le Cambodge pour atteindre le sud du Vietnam. Ce qui poussera
les Américains à bombarder le pays.
L'instabilité du pouvoir en place permettra aux Khmers Rouges de
permettre le pouvoir en 1975 après plusieurs années de lutte. Le régime
des Khmers Rouges sera très court aux yeux de l'histoire humaine car il
ne dura que 3 ans mais elles furent sanglantes. Selon les "experts" (les
chiffres sont très divers), les Khmers Rouges auraient tués entre 1 et 3
million de personnes. Le régime sautera lorsque les Vietnamiens
envahiront le pays en 1978.
Aujourd'hui, le régime politique du Cambodge est celui d'une
monarchie constitutionnelle ou le roi règne mais ne gouverne pas. Le
véritable pouvoir est détenu par le premier ministre nommé par le roi et
issu du parti au pouvoir.
La population du Cambodge est aujourd'hui de 11.5 millions
d'habitants et sera d'environ 20 millions en 2020. La pyramide des âges
a la forme d'un entonnoir dont la tige est très fine car 40 p. 100 de la
population a moins de 15 ans.
Economiquement, le pays est très pauvre. En 2003, environ 80 p. 100
de la population vivait avec moins de deux dollars par jour. L'un des
grands freins au développement semble être la corruption.
Saigon -> Phnom Penh
On a quitté Ho Chi Minh City tôt le matin en bus pour nous rendre
directement à Phnom Penh avec un petit arrêt à la frontière. Comme nous
avions déjà un visa cambodgien, nous avons passé la frontière sans
attendre. Les autres non plus d'ailleurs car ce sont les chauffeurs du
bus qui se sont chargés d'obtenir les visas pour les touristes qui
n'avaient pas fait les démarches administratives auparavant. On
découvrira avec regret que le visa issu à la frontière est moins cher
que celui décerné par le consulat du Cambodge à Saigon.
Durant le 2e partie du trajet en territoire cambodgien, nous avons eu
tout le loisir de découvrir la merveilleuse campagne. Beaucoup de
maisons en bois sur pilotis, des rizières inondées (octobre est le
dernier mois de la saison des pluies), des pagodes, des statues en
ruines perdues au milieu des champs,... Un vrai bonheur. On regrette
qu'il n'y ai pas eu d'arrêts pour prendre des photos.
On terminera notre voyage dans la capitale avec deux heures de
retard. A la descente du bus, des dizaines de chauffeurs de motos,
cyclo-pousses, taxis, ... ainsi que des racoleurs pour divers hôtels.
Sachant d'avance où nous allions, nous nous sommes vite dégagés et avons
bénis les autres touristes qui sont restés sur place et ont servis de
"repas" pour nos vautours.
Après un premier échec du au fait que l'hôtel n'existait plus, nous
avons finalement trouvé un autre établissement. D'entrée et au grand
désarroi de Vania, le standard de propreté du Cambodge pour un prix
équivalent au Vietnam est plus bas que ce dernier. A peine arrivé dans
la chambre, nous avons pu saluer nos amis les moustiques ainsi qu'un
cafard (Yvan le sortira dans un gobelet plastique). En plus, la chambre
avait une légère odeur de moisi. Sinon, c'était le "luxe" habituel avec
TV, douche avec eau chaude, frigidaire, ...
Phnom Penh
Phnom Penh est la capitale du Cambodge depuis 1430 apr. J.-C. La
ville ne dépassa jamais les 25'000 habitants durant la période où le
Cambodge servait de zone tampon entre la Thaïlande et le Vietnam. Ce
n'est qu'après l'arrivée des Français en 1863 que la capitale commença à
se développer pour compter aujourd'hui une population d'environ 1.2
millions (y.c. périphérie).
La capitale a deux, voire trois visages. Le symbole du premier est le
magnifique palais royal et sa pagode d'argent. Le deuxième est celui de
l'architecture française et des villas luxueuses qui existent toujours.
Le dernier est celui du peuple cambodgien qui vivent dans certaines rues
non-goudronnées aux maisons délabrées. D'aucuns n'ont d'ailleurs pas de
toit.
La première journée, nous avons visité l'incontournable palais royal
et sa pagode d'argent. Nous avons été ébloui par la beauté du lieu et
son architecture. La famille royale habite toujours ce lieu et seulement
certaines parties du site peuvent être visitées. Après deux mois à voir
des temples de style chinois, nous avons été ravi de découvrir le style
khmer qui est proche des styles indien, thaïlandais et birman. Cela
vient notamment du fait que la première religion des Khmers fut
l'hindouisme avant d'être le bouddhisme. Certains rites religieux
hindous sont d'ailleurs toujours pratiqués parallèlement au culte
bouddhiste.
L'après-midi fut consacré à la période la plus morbide du Cambodge
moderne. Nous avons visité le musée Tuol Sleng qui portait le nom "S-21"
durant la domination des Khmers Rouges de 1975-1978. Tuol Sleng était un
ancien lycée qui a été transformé en prison et lieu de torture pour les
intellectuels cambodgiens. Chaque nouveau prisonnier était d'abord
photographié puis était enfermés dans une salle de classe avec d'autres
détenus ou mis à part dans une petite cellule. Après plusieurs séances
de tortures, celui-ci finissait par avouer ses crimes "fictifs" et était
ensuite emmené hors de la ville pour être tuer à coup de matraque afin
d'économiser des balles. Les "experts" estiment à 17'000 le nombre de
victimes, soit 100 par jour.
Tuol Sleng est maintenant un musée où l'on peut voir les photos des
victimes prises par les Khmers Rouges ainsi que celles des charniers
découverts après la chute du régime suite à l'attaque des Vietnamiens en
1979. Il y avait aussi un film documentaire français qui permettait,
grâce aux images d'archives et aux témoignages, de se faire une meilleur
idée du terrible génocide. Car à côté de la prison "S-21", les experts
divergent sur le nombre total de victimes dues au régime des Khmers
Rouges, cela va de un million à trois millions selon les sources.
C'est un endroit intéressant mais pénible à visiter car il est
impossible de ne pas penser aux nombre de victimes et aux atrocités
commises en ces lieux. Cela d'autant plus en voyant les instruments de
tortures ou les photos d'enfants qui ont aussi été exécutés.
Le lendemain, nous avons visité le musée national du Cambodge qui est
autant intéressant pour le contenu que le contenant. Le bâtiment a été
construit par les Français en 1920 et est un bel exemple d'une fusion
entre les styles architecturaux français et khmer.
Ensuite, nous avons marché dans la ville afin d'apprécier les anciens
quartiers coloniaux et les nouveaux. Le soir, nous avons été voir un
autre film documentaire portant sur la montée au pouvoir des Khmers
Rouges ainsi que leur chute. Très intéressant.
Après trois jours passés dans la capitale, on a identifié de grandes
différences entre le Cambodge et les pays voisins (Vietnam et Chine).
L'existence d'une société à deux vitesses est ce qui marque le plus. A
côté des routes en terre et des immeubles délabrés, on trouve des
stations services super modernes, des villas éclatantes, et des
voitures... Lexus, autres 4x4 de luxes, Mercedes, etc... Il y a aussi
des centres commerciaux proche de ceux trouvé en Corée ou au Japon. Ces
contrastes, nous ne les avions pas autant remarqué en Chine ou au
Vietnam car ils n'étaient pas aussi flagrant. La cerise sur le gâteau
est le luxe dans lequel semble évoluer les ONG tels que la Banque
Mondiale, l'Unesco, la Croix Rouge Internationale, ... Les locaux ne
sont pas dupes. Lors d'une discussion avec le réceptionniste de l'hôtel,
celui ci a confirmé nos impressions. Il était remonté face aux fortes
inégalités existants entre la majorité des Cambodgiens des rues et de la
campagne face à un petit nombre vivant dans le luxe. Ceux-ci étant
souvent les politiciens au pouvoir et leurs proches. Ce qui nous a
surpris est qu'il accusait le roi d'être responsable de cette situation
alors même que ce dernier est un acteur sans grand pouvoir vu que le
Cambodge est une monarchie constitutionnelle. Le véritable dirigeant est
le premier ministre Hun Sen et à son parti, le Parti du Peuple
Cambodgien. Ironie de l'histoire, ce parti a été crée par d'anciens
Khmers Rouges qui n'ont pas directement participé au génocide (du moins
selon l'histoire "officielle").
Bien entendu, ces commentaires n'engagent que nous et vont
certainement évoluer. Après trois jours au Cambodge, on ne détient pas
la vérité. L'eau de l'étang est encore très trouble et il faut du temps
avant qu'eau se calme et le reflet devienne net (temps que nous n'avons
pas car nous comptons passer 14 jours au Cambodge). Il faut donc prendre
nos vues comme les premières impressions (ce qu'elle sont d'ailleurs) de
deux touristes qui débarquent dans le pays après avoir vu plusieurs
autres pays asiatiques.
Nous quitterons Phnom Penh le jour suivant en prenant un bus local
pour Battambang. Cela nous change du Vietnam où nous avions toujours
pris des bus touristiques et voyagé uniquement avec des touristes étrangers
... comme nous d'ailleurs.
Nous retenons de Phnom Penh:
- le luxe du Palais Royal
- le contraste et la cohabitation entre l'extrême richesse et
l'extrême pauvreté
- le nombre de 4x4 et les façades étincelantes des bâtiments des
ONG
- le musée du génocide d'où on en ressort pas indemne
- certaines rues du centre-ville qui ne sont toujours pas
goudronnées (étonnant pour une capitale)
- la qualité du documentaire historique vu dans le Restaurant du
Mekong (réalisé par un Français)
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