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Angkor: 04 - 07 novembre 2007 On est
arrivé en milieu d'après-midi dans la ville de Siem Reap qui est le lieu
d'hébergement obligatoire pour visiter les temples d'Angkor.
On s'est d'abord rendu dans la guesthouse bon marché qui devait avoir
WiFi selon Steve. Nous avions d'ailleurs réservé à l'avance une
chambre le soir précédent. La guesthouse était gérée par un Norvégien qui
avait quitté son pays pour s'installer définitivement au Cambodge.
Malheureusement pour nous, le Norvégien, visiblement explosé par une
consommation excessive de cannabis (ou autre) nous a informé qu'il était
complet. Après un deuxième échec où l'auberge était aussi complète, nous
avons trouvé une chambre propre et plutôt neuve dans la guesthouse
Eight8Rooms.
En marchant dans la rue plus tard, nous avons peut-être compris
l'intérêt du Norvégien pour Siem Reap. Dans certaines rues, les
pizzerias se succèdent et toutes font de la publicité pour leur "Happy
Pizza" qui n'est autre qu'une pizza saupoudrée de cannabis. Que ce soit
clair, nous n'avons pas mangé de pizzas (variante happy ou non) durant
notre séjour.
Un peu d'histoire...
La période d'Angkor, soit celle de la construction des temples et de
l'accession de l'Empire Khmer au rang des grandes puissances du Sud-Est
asiatique, dura de 802 à 1432 a.p. J.-C.
Angkor était l'ancienne capitale de l'Empire Khmers. Elle est
maintenant le symbole et le lieu le plus visité du Cambodge. Les rois de
jadis ont chacun tenté de surpasser leurs ancêtres en édifiant des
sanctuaires toujours plus imposants et riches en détails (bas-reliefs,
gravures, statues,...). Les centaines de temples qui subsistent
dévoilent la partie sacrée d'un royaume qui s'étendait de la Birmanie
(Myanmar) au Vietnam. Les autre demeures tels que les édifices
publiques, les habitations et les palais construits en bois ont disparu
depuis longtemps. A son apogée, d'aucun estime qu'Angkor abritait un
million d'habitants.
L'Empire Khmer entra dans une phase de déclin au 13e siècle et Angkor
fut régulièrement pillé par les Siamois (Thaïlandais). Au 15e siècle, le
déplacement de la cour des souverains khmers à Phnom Penh marqua la fin
de la période d'Angkor.
Le site fut "découvert" (il n'a jamais été oublié par les
Cambodgiens) par les français dans les années 1860. En 1901, l'Ecole
française d'Extrême-Orient entrepris des travaux de restauration du site
qui seront poursuivis par d'autres organisations jusqu'à aujourd'hui.
Selon les indications montrées sur le site, les Japonais semblent être
actuellement les principaux restaurateurs.
Jour I - Le Grandiose Angkor
Pour notre premier jour de visite, nous avons décidé de visiter les
deux sites les plus importants, soit l'Angkor Vat et l'Angkor Thom.
Après deux jours passés sur des motos à Battambang et un jour de
bateau, nous avons marché depuis Siem Reap jusqu'au premier édifice,
situé à 8 kilomètres, pour nous "dégourdir" les jambes. A l'entrée du
site, nous avons payé chacun USD 40 pour le ticket "trois jours". C'est
une somme astronomique pour le pays. La compagnie pétrolière (!) Sokimex
qui gère le site conserve 15% du prix d'entrée. Seuls 10% vont à
l'organisme chargé de l'entretien du site. Le reste, 75%, fini dans les
caisses de l'Etat cambodgien. Angkor est une "vache-à-lait" pour le
gouvernement.
On s'est donc levé très tôt car on nous avais dit que le site
d'Angkor était assailli par les touristes à partir de 08h00. Debout à
05H00, on a du escalader le mur de l'hôtel pour sortir car la grille
d'entrée était cadenassée et personne ne dormait près de la réception.
Dans la rue, guidé par notre odorat, nous avons trouvé la boulangerie
du quartier, voire de Siem Reap. Ce qui nous a permis de manger des
baguettes chaudes durant quatre jours.
On a ensuite marché jusqu'au site d'Angkor que nous avons atteint
après une heure trente. La ballade était loin d'être sympa. La route
était poussiéreuse et les rues étaient bordées d'hôtels et de magasins.
Rien de vraiment intéressant à voir.
Arrivé tôt devant le grandiose Angkor Vat, nous avons eu énormément
de plaisir à le visiter pratiquement seuls. En plus, le lever du soleil
prodiguait des effets de lumière splendides. On a vite compris
l'engouement des touristes pour le site. Le temple est impressionnant,
tant par sa taille que par les innombrables détails (gravures) qui
couvrent ses murs intérieurs et aussi extérieurs.
La visite terminée, on a marché deux kilomètres pour nous rendre à
l'Angkor Thom qui n'est pas un seul temple mais un ensemble d'édifices
construits durant une certaine période du royaume khmer. Pour y accéder,
il faut passer un pont (le site est entouré par une douve de 100 mètres
de large qui était remplies de crocodiles à l'époque). Le pont est bordé
de magnifiques statues et la porte est surplombée d'un visage nous
regardant et entourée par deux statues d'éléphants.
Passé la porte et avant d'arriver au Bayon, Vania a été attaquée par
un singe "uni patte-avant" qui n'a pas aimé que l'on passe à côté de
lui. Au grand désespoir d'Yvan, Vania a maintenant aussi peur des singes
après avoir peur des chiens, vaches, cochons, chevaux, chats sauvages,
etc... Le singe a réussi à laissé sa marque sur le mollet de Vania où
l'on pouvait y voir la traces de ses 5 doigts.
L'édifice du Bayon est l'un des plus beaux monuments d'Angkor pour
nous. Il se caractérise par ses 54 tours gothiques ornées de 216 visages
monumentaux de Lokesvara (autre nom du bodhisattva Avalokiteshvara) au
sourire énigmatique. On y passé un long moment et avons mangé des
noodles en boîtes juste à côté.
On a passé l'après-midi à visiter les autres édifices de l'Angkor
Thom qui sont moins bien conservés que le Bayon. Toutefois, certains
sont actuellement en cours de rénovation. Chaque temple a sa propre
personnalité ce qui rend la fameuse théorie: "J'en vois, j'ai vu tous
les autres" obsolètes.
Fatigué et sachant qu'il fallait encore marcher 12km pour rentrer à
Siem Reap, nous avons quitté le site en fin d'après-midi. Chemin faisant
(dit Vania fièrement), nous avons fait la connaissance d'une Tessinoise
d'un certaine âge. Elle nous a surpris lorsqu'Yvan lui a demandé en
français d'où elle venait et qu'elle a simplement répondu: "du même pays
que vous". Elle avait deviné notre origine en observant notre
habillement et en voyant que nous étions les seuls (tarés) à faire le
site à pieds. Elle avait un caractère de cochon mais était très sympa et
intéressante.
On est arrivé quasi-mort à Siem Reap avec les pieds en sang. Malgré
toutes les douleurs, Yvan a insisté pour ne pas manger dans un gros
resto touristique mais un petit bouiboui tout sale chinois. Cela n'a pas
enchanté Vania. D'autant plus que la vue de la cuisine aurait fait peur
à n'importe qui. Yvan a été puni car un des plats de légumes était peu
cuits, ce qui lui a valu des coliques et une belle diarrhée les deux
jours suivants. Vania a été épargnée car elle avait refusé de manger les
légumes.
Jour II - Le Grand Angkor
Le jour suivant, à nouveau debout vers 05h00 du matin, nous avons
décidé d'épargné nos pieds et de louer des vélos. On a donc pédalé
jusqu'au site d'Angkor et poursuivi notre visite. A côté des
immanquables Angkor Vat et Thom, le site comprend encore une multitude
d'autres temples, ruines, etc... Chaque édifice est différent. Les plus
beaux sont ceux où la nature à partiellement repris ses droits. Par
exemple, on peut observer des arbres sur les toits des temples ou des
murs. L'alliance entre les ruines de construction humaine et la nature
est simplement magnifique et surtout très photogénique.
A la fin de la journée, nous sommes repartis vers Siem Reap sans
avoir visité tous les sites.
Pour le soir, pas de restaurant car Yvan étant malade, on a opté pour
un souper "sain" composé de pain et de bananes afin de refaire sa flore
intestinale. La recette est excellent car le lendemain, les coliques et
la diarrhée avaient disparu en milieu de journée.
Jour III - Le vieux Angkor
Fatigué par les précédentes journées où nous nous étions levé à
05h00, nous nous sommes levé une heure plus tard et sommes repartis à
vélo pour visiter les temples les plus anciens d'Angkor. Nous avons dû
pédaler plus longtemps pour les atteindre et avons malheureusement dû
suivre la route principale Siem-Reap - Phnom Penh qui était très polluée
et poussiéreuse. En pédalant les quelques 15 kilomètres, nous avons
vraiment eu l'impression d'avoir perdu quelques jours de vie.
Les édifices anciens d'Angkor sont nommées "Roluos" et sont beaucoup
plus "simples" (architecturalement) que ceux construits plus tard. Nous
avons donc rapidement visité le site avant de rentrer vers Siem Reap en
passant par des petites routes à travers la campagne.
Au retour et pour la troisième journée de suite, nous avons dû subir
l'inquisition pratiquée par le personnel de notre guesthouse. Au début,
on accepte et on répond aux questions. Mais cela devient vite lourd,
d'autant plus qu'ils ne se souvenaient jamais de la discussion
précédente et nous reposaient les mêmes questions.
Jour IV - Départ pour la longue remontée vers le Nord
On a quitté Siem Reap en bus pour Phnom Penh. Pourquoi la capitale?
La réponse est dans le texte sur Ban Lung...
Nous retenons de la visite des Temples d'Angkor:
- l'atelier boulanger à 50 mètres de l'hôtel qui nous a fournit
durant 4 jours en baguettes chaudes
- la beauté des édifices d'Angkor, difficile d'apprécier d'autres
temples après ceux-ci
- le maintien des sites d'Angkor qui semblent uniquement assuré
par les étrangers alors que le prix du billet prohibitif part dans
les caisses de l'Etat cambodgien
- l'énorme chantier qu'est Siem Reap où les projets hôteliers
parsèment la ville
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